
Dix ans déjà ! C’est en novembre 2001 que l’aventure Festigays a été lancée. Il s’agissait principalement d’un collectif d’associations et d’établissements «gay et gay friendly», auxquels se sont ajoutés bon nombre d’individus. L’objectif ? Montrer que Strasbourg était capable d’organiser sa «gaypride», face à l’hostilité déclarée de la municipalité d’alors... Non seulement la première marche réunit environ 2000 personnes le 15 juin 2002 sous le thème « Liberté Égalité Visibilité », mais en plus elle fut précédée d’une Semaine Culturelle : dès la 1ère année de Festigays, plus de 30 événements créèrent du débat et de la visibilité autour des questions LGBT.
La seconde « Marche de la visibilité » a eu lieu le 14 juin 2003, avec encore plus d’ampleur : participation des transgenres, de partenaires allemands et suisses et couleurs européennes... Une des réussites de cette marche aura été une réelle visibilité locale avec une participation importante de Strasbourgeois et d’Alsaciens, osant pour la première fois défiler malgré le regard extérieur. La Marche a été diffusée en directe sur France 3 Alsace, avec un podium installée à l’arrivée. La « Semaine de la Visibilité », organisée pour la seconde fois, faisait alors de Strasbourg une des très rares villes à conserver cet espace de réflexion et de discussion publique.
En démarrant sa troisième année, le collectif s’est fixé d’autres objectifs. Des réflexions ont été engagées sur deux axes : la création d’un centre Gay-Lesbien-Bisexuel-et Transgenre à Strasbourg ; et la mise en place d’une synergie entre les pays transfrontaliers et aussi une réflexion quand à l’harmonisation des droits des personnes dans une Europe élargie (Pologne, Luxembourg, Autriche…).
Année après année, la Marche s’inscrivait plus profondément dans le paysage culturel strasbourgeois et alsacien. Pour son édition 2005, une «commission projets» a vu le jour : pour poursuivre le dossier
L’année suivante, le collectif se donne pour objectif de mettre en lumière l’hypocrisie liée à l’homophobie, la biphobie et la transphobie et invite tout à chacun à les rejoindre pour la grande marche qui a eu lieu le 17 juin 2006. La commission projet est toujours très dynamique mais le projet de centre LGBT à du être suspendu faute de bénévoles. La Marche et la Semaine de la visibilité connaissent une augmentation de la fréquentation.
2007 : année électorale. Les sujets LGBT ont tenté d’investir le débat politique. Se confronter aux politiques et les faire se positionner officiellement sur le mariage et l’adoption, seuls points abordés ouvertement dans les médias. Mais que dire des réformes institutionnelles, des luttes contre les discriminations, des questions entourant les personnes transgenre, de la solidarité internationale et de la santé des personnes LGBT ? Le collectif demanda l’égalité totale des droits dans tous ces domaines, et ce indépendamment de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre, et/ou de statut sérologique. C’est pourquoi que le Mot d’ordre de cette édition était : « Maintenant des actes !».
En 2008, le collectif strasbourgeois FestiGays organise la 7ème édition de la Semaine et de la Marche des Visibilités LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) autour du thème du mal-être et du suicide des jeunes et adolescents LGBT.
Quarante ans après les émeutes de Stonwall, la Marche de 2009 fut consacrée au devoir de mémoire : « Ensemble, se souvenir pour mieux agir ! » Quarante ans de lutte. Comprendre les progrès obtenus nous permet de l'apprécier à sa juste valeur, de la défendre mais surtout de continuer à lutter pour une pleine et réelle égalité pour tous et toutes. Par ailleurs, au sein même de notre communauté, il nous paraît nécessaire de lutter contre les discriminations liées au sexe, à l'âge, à la séropositivité, au physique, au genre, aux origines et/ou à la condition sociale. Sans cette remise en question, l'égalité des droits ne peut être atteinte.
En 2010, « Unis contre l’Homophobie et la Transphobie » rassemblait environ 6000 personnes dans les rues du centre ville strasbourgeois. Cette année-là, pour la première fois, il n’y eut pas de Semaine de la Visibilité, en raison du retard pris pour trouver une nouvelle équipe à la tête de Festigays. Festigays a eu chaud, mais cet événement doit nous rappeler que sans volontaires, sans militants, un événement aussi fort que la Marche des Visibilités peut ne pas avoir lieu !